Grossesse et course à pied : peut-on courir enceinte ?

Non, bébé et course à pied ne sont pas incompatibles !

 

De nombreuses pratiquantes désirent poursuivre le running pendant la grossesse et font souvent face à l’opposition ou remarques de leur entourage…

Et bien, sachez que la course à pied n’est pas plus risqué qu’un autre sport ! Sans contre-indication médicale, l’arrêt de cette activité n’est pas systématique. Néanmoins, il est important de prendre quelques précautions dès l’annonce de la grossesse.

 

Tenir compte des changements physiologiques

Lors de la grossesse, l’appareil ostéo-articulaire portera une masse de plus en plus importante localisée au niveau abdominal. Celle-ci peut induire des douleurs au niveau du rachis lombaire (le bas du dos). C’est pourquoi il est fortement conseillé de renforcer les abdominaux de manière dynamique.

Les modifications hormonales engendrées par la grossesse entraînent une augmentation de l’élasticité ligamentaire et donc articulaire. Ainsi, afin d’éviter les entorses ou autres bobos liés, nous recommandons aux futures mamans de privilégier la pratique de la course à pied sur un parcours “lisse” (sans creux ni bosses).

 

 

Une attention particulière doit être apportée à l’état du col, pour le bien de la maman et du bébé, celui-ci doit rester fermé. Il est alors plus sage de renoncer à toute compétition ou recherche de performance durant la grossesse. Vous l’aurez compris, à la moindre contraction ou douleur, il faut arrêter de courir !

Dans un contexte de maintien de l’activité sportive, il ne faut bien sûr pas omettre la consultation mensuelle chez la sage femme ou le gynécologue. Cette visite permettra de contrôler si tout va bien en regard de l’état du col et de sa tension.

Surveiller sa fréquence cardiaque 

Au cours du 2ème et 3ème trimestre, la fréquence cardiaque au repos va augmenter progressivement. Il est donc important de la surveiller à la fois au repos, mais aussi à l’effort, surtout au delà du 4ème mois de grossesse. Nous préconisons de ne pas dépasser 70 à 75 % de sa fréquence cardiaque maximale.

 

 

Une attention particulière devra aussi être portée sur la respiration, les sorties de course à pied devront être réalisées sans forcer. Il faut être capable de parler en courant, pourquoi ne pas en profiter pour partager un moment entre amie-s ?!

Par la même occasion, privilégiez un environnement frais et ventilé, la température corporelle ne s’en portera que mieux. Dans l’idéal, il est préférable qu’elle n’excède pas les 38°C, la clé : réguler son effort ! 🙂

Ne pas négliger les risques

Selon une grande majorité de personnes, la course à pied augmente le risque de fausse-couche lors du premier trimestre, or il n’a pas été démontré de lien direct. Cependant il est nécessaire d’en avoir conscience, au même titre que le risque d’accouchement prématuré au troisième trimestre.

Le running est tout à fait possible jusqu’au sixième mois. Au-delà, il peut y avoir des problèmes de posture ou de douleurs articulaires et ligamentaires pouvant être liées à la prise de poids.

En cas de fatigue ou de signaux inhabituels apparents, il convient de stopper la pratique, de consulter et de privilégier des activités plus adaptées à son état.

 

Si les conditions précédentes sont respectées, la pratique de la course à pied aura des effets bénéfiques sur votre corps :

  • Une prise de poids relativement moins importante au cours de la grossesse ;
  • Une amélioration de la circulation sanguine et de la pression artérielle ;
  • Un périnée plus tonique ;
  • Une diminution de l’apparition de vergetures et du taux de complications veineuses ;
  • Une amélioration de l’aptitude aérobie ;
  • Moins de troubles sur la courbe de dilatation du col ;
  • Une durée de travail raccourcie lors de l’accouchement ;
  • Une période d’expulsion souvent plus courte ;
  • Une perte de poids plus rapide après l’accouchement.

Qu’en disent les scientifiques ?

Une étude menée par des chercheurs de l’université de Montréal a montré que des séances de 20 minutes de course, natation, vélo ou encore de marche à pied à intensité modérée et à raison de trois fois par semaine, pouvait avoir des effets très positifs sur le développement cérébral de l’enfant : 

” Nos résultats montrent que les bébés provenant de mères actives ont une activation cérébrale plus mûre, suggérant que leurs cerveaux se sont développés plus rapidement ”

Élise Labonté-LeMoyne, chercheuse et postdoctorante au Tech3Lab de HEC Montréal.

 

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