Imagerie en médecine du sport : quel radar pour quelle blessure ?

Radiographie, IRM, échographie … Existe-t-il un examen meilleur que les autres pour le coureur à pied victime de blessure ? « Mon ami a eu une IRM et moi juste une radiographie, c’est quoi cette histoire ? » 

L’imagerie médicale a fait de considérables progrès ces dernières années. Le médecin dispose désormais d’un grand arsenal de techniques pour vous soigner. Devant cet éventail d’outils, le médecin doit réussir à choisir l’examen le plus approprié. On vous explique sur quels arguments il fait son choix.

 

Les clichés radiologiques

 

Ce sont souvent les examens demandés en première intention. En effet, la radiographie est l’examen le plus facile d’accès. Cette technique utilise les rayons X et permet essentiellement une bonne étude des structures osseuses.

Son indication la plus connue est d’ailleurs la recherche de fractures à la suite d’un traumatisme. En revanche, cette technique donne très peu d’informations sur les tissus mous (tendons, ligaments, muscles) [1].

Il faut connaître les incidences particulières à chaque pathologie (position du patient et inclinaison particulière des rayons X). Et oui, il n’y a pas que la radiographie de face et de profil, sinon ça serait trop simple ! [3]

 Petite remarque sur l’irradiation : Les rayons X utilisés pour réaliser des radiographies et des scanners sont responsables d’effets néfastes pour la santé [2]. De nombreuses recherches et le développement technique des appareils ont permis de nettement diminuer les doses de rayons X délivrées. Cependant, il ne faut pas abuser de ces examens. L’un des rôles du médecin est d’évaluer le bénéfice potentiel et les risques avant de prescrire un examen d’imagerie.

 

 

Radiographie de face du genou montrant une fracture du condyle interne [4]

 

L’échographie musculo-tendineuse

 

L’échographie est un examen très utile en médecine du sport. Cet examen utilise les ultrasons. Il est statique et dynamique (étude en direct du mouvement). Il permet de bien étudier les muscles, ligaments et tendons. Par contre, il n’est pas capable d’étudier l’os, ni les régions profondes.

Par ailleurs, elle nécessite une machine de bonne qualité et un échographiste possédant une grande expérience en échographie.

Cet examen est un bon complément à la radiographie puisqu’il n’étudie pas l’os. La notion de couple radiographie – échographie est très intéressante en médecine du sport.

L’échographie peut également être couplée à un examen doppler (mode vasculaire) qui permet d’apprécier le caractère récent ou ancien d’une lésion. Cela est surtout utile pour les tendinopathies.

Echographie montrant un hématome intramusculaire après rupture du jumeau interne [4]

 

 Le scanner

 

Le scanner peut être considéré comme une « super radiographie ». En effet, le scanner utilise lui aussi les rayons X. Il permet de réaliser une étude plus précise que la radiographie par la possibilité de réaliser des coupes fines permettant de reconstruire des images en 2D ou en 3D. Le scanner permet donc une analyse de l’os plus précise que la radiographie.

 

 

Scanner du pied montrant une fracture du calcanéum [4]

 

L’IRM

 

L’IRM est une imagerie qui utilise les propriétés physiques du champ magnétique. Elle n’est pas irradiante. Elle permet elle aussi une analyse des structures anatomiques en 2D et en 3D. L’IRM permet de bien visualiser les structures tendineuses, ligamentaires, musculaires, ainsi que les parties cutanées et sous-cutanées. En revanche, les structures osseuses sont mal visualisées.

Il s’agit d’un examen un peu plus long que les autres (de 30 minutes à 1h) pour lequel il est indispensable de ne pas bouger du tout, car sinon les images seront floues et donc non interprétables.

 

 

IRM montrant de genou une rupture du ligament croisé antérieur [4]

 

L’arthroscanner et l’arthro-IRM

 

Pour le scanner et l’IRM, il est parfois possible d’y associer une injection de produit de contraste. L’arthroscanner s’effectue par injection d’un produit de contraste iodé dans l’articulation complétée par un scanner dans les suites immédiates. L’arthro-IRM consiste en l’injection de gadolinium dilué dans l’articulation complétée secondairement par la réalisation d’une IRM. Ces deux techniques permettent une excellente exploration des articulations.

 

La scintigraphie osseuse

 

Cet examen consiste en l’injection d’un traceur chimique dans le sang par voie intraveineuse. Ensuite, on recueille les images par une caméra qui balaye le corps entier. Le temps d’attente de deux à trois heures, tandis que le produit se fixe à toutes les zones de l’os et des parties molles.

La durée de l’examen est donc de trois heures. Elle permet de visualiser une zone « hyperactive » témoignant d’une augmentation locale de l’activité de renouvellement osseux. Elle peut être utilisée pour étudier la consolidation osseuse des fractures ou encore diagnostiquer des fractures de fatigue.

 

 

Scintigraphie montrant une fracture de fatigue du tibia [5]

 

Le PET Scan

 

Le PET scan est un scanner particulier, dit à émission de Positons dont le but est d’étudier l’activité d’un organe (un peu comme la scintigraphie, mais avec un autre traceur). On doit injecter dans l’organisme un traceur faiblement radioactif. Ensuite, environ une heure après, on étudie les images grâce à une caméra qui capte les radiations émises.

 

L’ostéodensitométrie osseuse

 

Cet examen permet la mesure de la densité minérale osseuse [6] témoignant des capacités de renouvellement osseux. C’est un examen est rapide (15 minutes). Il permet notamment de dépister l’ostéoporose (« maladie des os fragiles ») dans le cadre d’un surentraînement d’endurance chez la femme ou en cas d’anorexie.

  

 

Densitométrie osseuse [6]

Il existe un guide référençant les examens d’imagerie utiles pour chaque pathologie [8 ,9]

Quelques notions clés à retenir :

          Radiographie = os

          Echographie = tendons, muscles, ligaments superficiels

          Couple radiographie – échographie = bon binôme en médecine du sport

          Scanner = super radiographie

          IRM = tendons, muscles, ligaments en profondeur

Avec ces quelques notions, vous avez tout ce qu’il vous faut pour comprendre le but de chaque imagerie. On ne peut pas retenir l’existence d’un seul super examen. A chaque pathologie, son imagerie !  

Bibliographie

[1] LE MAGAZINE DE L’INSTITUT RÉGIONAL DE MÉDECINE DU SPORT DE HAUTE-NORMANDIE. Numéro 10. Décembre 2015. Page 8-9.

[2] J Dutreix, Effets indésirables des rayons X, Volume , Issue , /1990, Pages , ISSN 1879-8497,(http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/s1257514390354614)

[3] Position et incidence en radiologie conventionnelle, guide pratique, 2e édition de John P. Lampignano, Leslie E. Kendrick. © 2019 Elsevier Masson SAS.

[4] Chanussot J-C, Danowski R-G. Traumatologie du sport. Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine): Elsevier Masson; 2012.

[5] image issue de : https://www.irbms.com/fractures-de-fatigue/

[6]https://www.irbms.com/les-examens-dimagerie-medicale-chez-les-sportifs-a-partir-dexemples-concrets/

[7] image : http://www.cngof.fr/menopause/331-faut-il-surveiller-la-densite-osseuse

[8] Guide du bon usage des examens d’imagerie médicale 2005 http://gbu.radiologie.fr/

[9] http://formathon.fr/Formathon/113/bonnes-pratiques-en-imagerie-osteo-articulaire

Un article rédigé par :

Pauline Six – Médecin du sport

 

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